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Lac Chauvet, France, 1952

Le Lac Chauvet est un lac d’origine volcanique situé dans le Massif Central, dans la région Auvergne, plus précisément dans le département du Puy-de-Dôme, dans la chaîne des Monts Dore, sur la commune de Picherande.
Situé à une altitude de 1176 m, il s’est formé dans le cratère d’un ancien volcan c’est ce que l’on appelle un maar. De forme presque parfaitement circulaire, il mesure environ 600m de diamètre et 66m de profondeur.
Il s'est formé il y a environ 150 000 ans et le relief autour s'est érodé au cours du temps. Il est moins grand et moins profond que son voisin le Lac Pavin.
Bordé sur la moitié de sa circonférence par une forêt (la forêt de Montbert), il est distant de 400m environ de la route départementale D203.
Observation
Cette observation a été faite le 18 juillet
1952, en fin d'après-midi, près du lac Chauvet (Puy-de-Dôme).André
Frégnale, ingénieur géologue, se promène à pieds près du lac Chauvet
(Puy-de-Dôme). Il fait très beau temps, le ciel est bleu azur avec un
fort vent d'Ouest.
En regardant vers le Sud, il remarque dans
le ciel un objet de forme discoïdale, venant de l'Ouest, se déplaçant
silencieusement à et vitesse constante vers l'Est. Frégnale se saisit
alors de l'appareil photo qu'il porte sur lui, un 24x36 Zeiss Ikonta
équipé d'un objectif de 45 mm. Il prend 4 clichés, pendant 25 s. Il a
eu de plus la chance de pouvoir prendre 4 photos remarquables de
netteté et riches d'informations.
Lorsque l'engin est trop loin pour le photographier correctement, Frégnale prend ses jumelles pour suivre l'objet qui s'éloigne et le voit disparaître, quasi instantanément, comme s'il s'évanouissait sur place. Au total, l'observation a duré moins de 1 mn.
Frégnale aurait cependant toujours refusé de croire en la réalité des ovnis, et pour ce qui est de l'objet qu'il a photographié, pense qu'il peut s'agir d'une maquette volante, ou - plus étonnamment pour un témoin direct - de poussière cosmiques agglomérées (sic).
En 1954, les 4 photos sont publiées pour la première fois dans le livre d'Aimé Michel, Lueur sur les soucoupes volantes.
Le Contexte
Fort étrangement ce cas extraordinaire,
après avoir fait la une de la presse à l'été 1952, est tombé ensuite
dans un oubli quasi total. Il est mentionné en effet une seule fois, et
très brièvement, dans le premier ouvrage du célèbre ufologue "pionnier"
Aimé Michel : "Lueurs sur les soucoupes volantes" en 1954.
Heureusement
l'astrophysicien et ufologue Pierre Guérin a effectué en 1993/1994 une
analyse scientifique extrèmement pointue de ces 4 photos, publiée pour
la première fois dans le N° 316 de Lumières dans la Nuit, puis dans le
Journal of Scientific Exploration (Vol. 8, N°4, 1994, p. 447-469).
Plus récemment le dernier ouvrage de
Bernard Thouanel "OVNI" lui consacre une page. Enfin, quelques rares
sites Web ufologiques mentionnent ce cas, mais le plus souvent en se
copiant les uns les autres, et en fournissant une information très
pauvre et le plus souvent erronée.
Bref, une "misère" eu égard à
ces 4 photos exceptionnelles, potentiellement "LA" preuve ultime de la
réalité des ovnis (le "smoking gun" comme disent les anglo-saxons).
J'ai donc décidé, d'abord par pur amusement, d'enquêter moi même sur
cette affaire.
Evidemment 51 ans après les faits, les
principaux "acteurs" étant décédés (Frégnale, Guérin), cela pouvait
sembler une gageure. Je pense néanmoins avoir au moins réussi à
rassembler de nombreux renseignements totalement inédits à ce jour sur
ce cas, et avoir montré qu'il ne pouvait s'agir ni d'un canular ni
d'une méprise.
Maintenant à chacun de se faire sa propre opinion. Pour moi, l'enquête continue ...
(rédigé le 16/11/2003)
http://adelmon.free.fr/Lac_Chauvet.html
I - Description succincte des 4 photos

L'objet discoïdal venait de la droite (de l'ouest) et paraissait s'élever dans le ciel à mesure qu'il se rapprochait. La photo a été prise peu avant qu'il ait atteint sa hauteur apparente maximale.

L'objet
vient de passer plein sud à sa plus petite distance du photographe, se
dirigeant vers la gauche (vers l'est). Le témoin constate que sa
trajectoire réelle est horizontale. La soucoupe commence à peine à
s'éloigner lorsque cette seconde photo est prise.

Le
disque continue de se déplacer vers la gauche. A mesure qu'il s'éloigne
son diamètre apparent diminue et l'observateur, par un effet de
perspective, commence à le voir en même temps s'abaisser très
sensiblement sur l'horizon (celui-ci est situé juste au-dessous du banc
de cumulus stratifiés visibles dans le bas de l'image.). Lorsque cette
troisième photo est prise, la trajectoire apparente de la soucoupe est
donc déjà orientée obliquement vers le bas et la gauche sur l'image.

Le
disque, qui est maintenant très éloigné, s'est encore abaissé sur
l'horizon, et sa trajectoire apparente s'est rapprochée un peu plus de
la verticale. Après avoir pris cette dernière photo, André Frégnale a
observé l'objet dans ses jumelles, mais il l'a perdu de vue au bout de
peu de temps.
Agrandissements de la soucoupe sur chacune des 4 photos



Forts agrandissements (tous à la même échelle) des quatre images de l'Ovni du Lac Chauvet.
Il s'agit apparemment d'une soucoupe
volante à base plate vue par en-dessous, en forme d'assiette renversée.
Si nous pouvions la voir par le dessus elle pourrait peut être
ressembler à celle de McMinville (1950) ou Rouen (1954).
Les deux premières images sont affectées
d'un flou de bougé important, surtout la première. Il semble que le
photographe ait voulu suivre le déplacement de l'objet dans son viseur
en même temps qu'il déclenchait l'obturateur, mais il n'a pas su doser
son mouvement.
Les deux dernières photos en revanche sont
comme découpées au couteau, et leur netteté n'est limitée que par la
granulation du film (objectif mis au point sur l'infini).
Sur
chacune de ces quatre photographies, on voit distinctement, sur le bord
supérieur droit de la soucoupe, le liseré brillant dû à la réflexion de
la lumière du soleil par la tranche de l'engin.
Le dessous de la
soucoupe est dans l'ombre, et l'on y voit la bande sombre allongée
alignée sur la trajectoire et orientée vers l'arrière (vers la droite)
à l'opposé du sens du mouvement.
Cette bande sombre pointe
légèrement vers le bas sur la vue 1 (l'objet achève de s'élever dans le
ciel, venant de l'ouest), puis de plus en plus nettement vers le haut
sur les vues 2, 3 et surtout 4 (l'objet s'abaisse de plus en plus sur
l'horizon, se dirigeant vers l'est).
Analyse rapide

A partir de maintenant je citerai purement et simplement les pages 120-123 de l'excellent dernier ouvrage du regretté Pierre Guérin : "OVNI. Les mécanismes d'une désinformation".
"Bien des années après la parution du livre
d'Aimé Michel, j'obtins communication des négatifs originaux de la
soucoupe du lac Chauvet par l'entremise d'un lecteur de la revue
"Lumières dans la Nuit" à qui Frégnale les avait prêtées.
Il y avait en réalité quatre images de
format 24x36, prises à la suite sur une bande de film noir et blanc.
Elles étaient précédées et suivies d'images sans aucun rapport avec les
photos de la soucoupe. Il n'y avait donc pas eu de tentatives multiples
pour obtenir de "bonnes photos" de l'objet, ni de "ratés".
J'examinai très critiquement les quatre
négatifs à la loupe et au microscope, ce qui me fournit la certitude
absolue de l'absence de toute retouche comme de tout artefact
photographique naturel tels que reflets, taches de développement, etc.
Il s'agissait bien d'images d'un objet extérieur, formé sur le film à
travers l'objectif de l'appareil photo. D'autre part, ces images ne
pouvaient pas résulter d'une surimpression par le biais d'une glace
sans tain ou de tout autre procédé comme la double exposition (au
demeurant impossible à réaliser avec l'appareil photo du témoin), car
un tel artifice n'aurait pu laisser fortement sous-exposée la face
intérieure sombre de la soucoupe sur laquelle se serait imprimé le fond
clair du ciel. Les photos montraient donc un objet dans le ciel
lui-même, mais quel objet ?
Je tirai avec soin des copies agrandies des
quatre images en plein format (laissant voir les marges perforées du
film), au moyen d'un excellent objectif fournissant des agrandissements
"piqués" et dénués de distorsion géométrique. Ces agrandissements
reproduisent tout ce qu'il y a sur les négatifs originaux, à
l'exception toutefois des données sensitométriques qui sont
nécessairement altérées du fait de la non-linéarité des courbes de
noircissement photographique. (Mais il est vrai que les négatifs
originaux eux-mêmes, qui n'avaient pas été calibrés photométriquement
avant développement, n'auraient pas pu se prêter plus à des mesures
quantitatives des luminances).
Puis une fois ce travail fait, j'eus
l'honnêteté et surtout l'imprévoyance de restituer la bande négative
originale à la personne qui me l'avait prêtée et qui la rendit aussitôt
à Frégnale. J'appris bien plus tard que cette bande resta alors en la
possession de ce dernier jusqu'à son décès. Frégnale était célibataire
et avait vécu avec sa soeur également célibataire. Je pus retrouver
l'adresse exacte de cette dame, qui était très âgée à l'époque. C'était
elle qui détenait les documents laissés par le défunt, mais lorsque je
lui demandai au téléphone, en 1992, si elle pouvait rechercher la bande
de film montrant la soucoupe du lac Chauvet pour me la prêter, elle s'y
refusa, arguant qu'elle était bien trop fatiguée pour faire des
recherches dans la malle située à l'étage de sa maison où ces documents
devaient se trouver, mélangés à d'autres. J'insistai sans succès et
compris que je devais renoncer. J'avais alors commencé d'étudier à fond
les photos et c'est ainsi que je dus me contenter de travailler sur les
copies que j'en avais faites. Je certifie sur mon honneur de
scientifique que ces copies n'ont été "retouchées" d'aucune manière et
qu'elles sont la reproduction exacte des originaux (il est à craindre
aujourd'hui que ceux-ci soient allés à la poubelle, ou soient destinés
à y aller une fois la vieille dame disparue, qu'il y ait ou non des
héritiers désignés).
Mais revenons vingt ans en arrière : dès l'année 1972 j'avais eu l'idée de faire état des photos du lac Chauvet (qui me paraissaient avoir des chances d'être authentiques) pour illustrer un article sur les Ovnis qui fut publié dans le numéro de septembre de Sciences et Avenir de cette même année.
J'attirai alors l'attention du lecteur sur
l'existence, sur la face inférieure sombre de la soucoupe, d'une large
tache nettement plus sombre, en forme de bande partant de la zone
centrale du disque et aboutissant à sa périphérie en un point
paraissant situé à l'opposé du sens du mouvement allégué de l'objet sur
les quatre images - cette bande passant progressivement de
l'horizontalité sur les deux premières vues, à une position oblique
orientée vers le haut à droite sur les deux dernières, à mesure que
l'objet, par un effet de perspective, s'inclinait vers le bas à gauche
sur l'horizon en s'éloignant. J'avoue qu'à l'époque, je ne voyais pas
bien comment vérifier cette propriété supposée à partir d'une analyse
rigoureuse des clichés.
C'est seulement en 1992 que, sur la
suggestion de l'ufologue Joël Mesnard, directeur de la revue Lumières
dans la Nuit, j'entrepris de réexaminer la question et d'établir un
modèle fondé sur cet alignement supposé de la bande sombre sur la
trajectoire de l'objet, en prenant au mot les allégations du témoin
relatives au mouvement de l'objet (en particulier l'horizontalité de sa
trajectoire).
D'autre part, l'étude des clichés me
convainquit qu'il était possible de les "faire parler" bien au-delà de
ce qu'un examen sommaire pouvait révéler d'emblée : les quatre images
successives permettaient en effet de rétablir sur chacune d'elles
l'orientation de la ligne d'horizon, grâce aux détails du paysage ; la
netteté des contours du disque sur les deux dernières images, comparée
à celle des détails du premier et du second plan, éliminait toute
possibilité que le disque soit une maquette suspendue à faible ou
moyenne distance ; enfin la bande excentrée sous le disque fournissait
une hypothèse sur l'orientation de la trajectoire.
Les données numériques ainsi obtenues à
partir des mesures sur les clichés se révélèrent totalement compatibles
avec le modèle dans lequel elles purent s'insérer sans aucune
contradiction interne, ce qui n'aurait pu être le cas si le modèle
n'avait pas traduit la réalité. En outre, le modèle se montra
prédictif, fournissant des informations nouvelles sur le comportement
de l'objet.
Une telle démarche, qui est celle de la méthode scientifique, me permit ainsi d'établir la preuve de l'authenticité des photos. La
soucoupe se comporte bien comme le témoin l'avait prétendu, c'est à
dire comme un disque volant éloigné parcourant une trajectoire
horizontale rectiligne en conservant toujours une certaine inclinaison
de son plan par rapport au sol, et non pas comme une maquette oscillant
au bout de quelque fil invisible ou lancée en l'air à quatre reprises
successives.
On trouvera en annexe le détail du travail d'analyse qui m'a permis d'arriver à ces conclusions. Ce travail fut publié pour la première fois dans le N° 316 de Lumières dans la Nuit, puis dans le Journal of Scientific Exploration (Vol. 8, N°4, 1994, p. 447-469).
J'engage vivement le lecteur à en prendre
connaissance. Ceux que rebutent les calculs élémentaires de
trigonométrie et de dérivation pourront, dans un premier temps, sauter
ces calculs pour ne s'attacher qu'à l'esprit des raisonnements."
L'analyse détaillée des photos du Lac Chauvet

Le
document ci-dessous est paru en annexe du dernier livre de Pierre
Guérin (OVNI Les mécanismes d'une désinformation, Albin Michel, 2000).
Il s'agit à peu de choses près de la version française de l'article
publié en 1994 dans le Journal Of Scientific Exploration, Vol8, N°4.
Le récit du témoin et les Photos
En
cette fin de journée ensoleillée du 18 juillet 1952, à 18 h 10 (temps
légal), M. André Frégnale se promenait à proximité du lac Chauvet, un
petit lac d'origine volcanique dans la plaine située au pied de la face
sud de la chaîne du Sancy. Un vent léger soufflait, venant du
nord-ouest à 3 000 m d'altitude, et de l'ouest au sol (vitesse: 60
km/h). Le soleil était encore loin d'être couché (altitude 22°, azimut
97° ouest). Regardant vers le sud, le témoin vit apparaître dans le
ciel, venant de sa droite (c'est-à-dire de l'ouest) et se dirigeant
vers sa gauche (donc vers l'est) l'objet discoidal dont nous avons
fourni la description au chapitre 2. Il commença de le photographier
presque aussitôt, alors que l'objet passait plein sud devant lui dans
une trajectoire horizontale, atteignant à ce moment sa plus grande
hauteur angulaire (photos 1 et 2). Il le photographia ensuite à deux
autres reprises, alors que le disque, qui maintenait sa trajectoire
horizontale, s'abaissait à gauche vers l'horizon avec la distance par
un effet de perspective (photos 3 et 4). Comme la dimension angulaire
de l'objet devenait trop petite pour qu'on puisse le photographier
utilement, le témoin prit alors ses jumelles pour l'observer. Et ainsi
que nous l'avons déjà dit, il le vit quelque temps après disparaître
comme s'il s'évanouissait sur place, ce qui peut tenir au fait qu'il le
perdit de vue en raison de l'éloignement. L'observation avait duré en
tout une cinquantaine de secondes, et Frégnale estima que l'azimut de
l'objet avait varié durant ce temps d'une centaine de degrés. La
trajectoire était « horizontale et rectiligne », la vitesse linéaire «
uniforme », la régularité d'allure « impressionnante » sans aucun
balancement sensible à l'œil ni sinuosité de la trajectoire, le silence
« total ». L'objet apparaissait comme un disque vu du dessous et
incliné par rapport à l'observateur, d'où son apparence elliptique. Il
était «dénué de toute saillie, aucune antenne ni hublot ni hélice,
aucune trace de fumée ni de gaz chauds ». Sa face visible (inférieure)
était sombre, «d'une couleur indéfinissable, gris métallique ou
gris-vert ». La bande excentrée plus sombre que nous avons déjà décrite
était bien visible à l'œil sous le disque, elle évoqua pour le témoin
(dans l'hypothèse qu'il s'agissait d'un engin piloté) une « carlingue »
très peu renflée. Le témoin vit aux jumelles une «fente » à l'avant de
cette « carlingue » et une autre à l'arrière.
Selon Frégnale, 25 secondes furent
consacrées aux prises de vue photographiques, avec un intervalle
d'environ 8 secondes entre chaque image. (il est à supposer que cet
intervalle dut être plus court entre les deux premières vues qu'entre
les deux dernières, la vitesse angulaire de l'objet diminuant avec la
distance dans l'hypothèse d'une vitesse linéaire constante.) Les photos
furent prises sur du film 35 mm Panatomic X Kodak (une ancienne
émulsion noir et blanc peu sensible à grain fin), et le film développé
dans un révélateur Kodak à grain fin de type D 25 modifié (au génol,
sulfite et acide borique). Le bain était usagé et le développement fut
prolongé en conséquence. L'appareil photo 24 x 36 utilisé était un
Zeiss Ikon équipé d'un excellent objectif Tessar de focale 45 mm et
d'un obturateur Compur (ou Prontor ?). Un filtre jaune Wratten 15 était
fixé devant l'objectif pour foncer le ciel bleu. Le diaphragme utilisé
était de 1 : 5,6 selon le témoin, et les temps de pose affichés sur
l'obturateur de 1 : 250 s (soit approximativement 1 : 200 s réel, les
obturateurs centraux étant toujours trop « lents» aux vitesses rapides
d'obturation). Le diaphragme (ou la vitesse?) fut augmenté d'un cran
après la première vue, si l'on en juge par la densité photographique
moyenne des images négatives qui est légèrement diminuée à partir de la
seconde vue.
Les quatre vues 24 x 36 portent, en marge
du film, les numéros 3-3a, 4-4a, 5-5a et 6-6a. Pour simplifier, nous
les désignerons par 1, 2, 3 et 4. Les vues 1 et 2 (qui montrent sur
leur droite les branches d'un arbre et son feuillage) ont été prises
l'appareil levé vers le ciel et tenu « horizontalement» ; les vues 3 et
4 (qui montrent respectivement des nuages vers l'horizon et un talus
herbeux au premier plan), l'appareil tenu « verticalement ».
Sur
chacune des images de la soucoupe, la bande sombre allongée sous
l'objet est bien visible, mais elle n'évoque aucunement une carlingue,
même aplatie. On ne distingue pas non plus de fentes à l'avant et à
l'arrière de cette tache. On observe parfaitement le liseré lumineux
qui borde la partie supérieure droite de l'ellipse et qui, compte tenu
de la position du Soleil, résulte clairement de la réflexion des rayons
solaires par la tranche de l'objet et (sur la photo 4) par son dessus.
On remarquera d'autre part que sur la vue 2
et surtout sur la vue 1, l'objet présente un flou de bougé important:
les extrémités du grand axe de l'ovale de la soucoupe sont étirées,
comme sous l'effet du mouvement de droite à gauche de l'objet dans
l'hypothèse d'un temps de pose trop long. En réalité, il s'agit d'un
flou de bougé de l'opérateur, et non de l'objet: selon Frégnale, le
disque se déplaçait plutôt lentement, et le temps de pose utilisé
aurait dû l'immobiliser sur le film. En outre, on constate que
l'étirement de l'image n'est pas vraiment parallèle au grand axe de
l'ellipse sur la vue 2. Enfin et surtout, on observe le même étirement
de l'image sur les détails de l'arbre à la droite du champ
photographié. Apparemment, le photographe voulut trop bien faire en
essayant de « suivre » l'objet dans sa course lorsqu'il déclencha
l'obturateur, mais il le fit d'une façon trop rapide qui créa le flou
de bougé observé. Le résultat de cette maladresse, c'est que la
longueur du grand axe de l'ellipse est difficile à mesurer avec une
grande précision sur la vue 2, et quasiment impossible sur la vue 1.
Un autre point important concerne la ligne
d'horizon qui n'est visible sur aucune des images. Nous montrerons plus
loin comment il est possible d'en fixer la position par rapport à
l'objet, mais il faut au préalable, pour cela, connaître au moins pour
chaque image l'orientation de cette ligne par rapport à celle des côtés
du rectangle 24 x 36. Il existe une photo sur laquelle cette
orientation est mesurable avec une bonne précision, de l'ordre de 0,5°
: c'est la photo 3 où l'on voit dans sa partie inférieure des cumulus
dont la base est stratifiée par la perspective en lignes parallèles
dont tout météorologue sait qu'elles sont horizontales dans le paysage
(l'horizon n'est guère plus bas). L'angle que font ces lignes avec le
petit côté du rectangle 24 x 36 est de 3°. Ce chiffre n'a rien
d'étonnant, la plupart des photographes amateurs travaillant à main
levée ne savent pas tenir leur appareil « droit », surtout en l'absence
de visée reflex.
Sur la vue 4, l'horizon est apparemment
caché par le talus herbeux du premier plan, dont la crête penche d'un
angle d'environ 5° sur le petit côté du rectangle de l'image. Cette
inclinaison est du même sens que sur la vue 3 et doit traduire une
tendance systématique du photographe à pencher son appareil toujours de
la même façon. Mais il est évidemment hasardeux d'adopter ici cette
valeur de 5° plutôt qu'une valeur voisine, la crête du talus n'ayant
pas de raison d'être parfaitement horizontale. Cependant, la valeur de
5° est en bon accord avec l'angle dont il faudrait tourner l'image pour
que les brins d'herbe du talus soient en moyenne verticaux. Faute de
mieux, nous nous en tiendrons à cette valeur, quitte à la modifier
ultérieurement au cas où elle conduirait à des incompatibilités
manifestes.
Sur les vues 1 et 2, en revanche, il est
impossible de déterminer l'horizontalité sans faire d'hypothèse, mais
on a cependant une méthode pour lever l'ambiguïté. Tout d'abord, il
semble que le photographe soit resté presque exactement à la même place
pour prendre les deux photos, si l'on en juge par les détails des
branches et du feuillage de l'arbre à droite qui paraissent
pratiquement superposables (un tel critère est extrêmement sensible).
En revanche, il est clair que là encore, le photographe n'a pas su
tenir son appareil droit (ou plus précisément horizontal), car même si
l'on tient compte de la convergence des verticales vers le haut
lorsqu'on vise le ciel avec un appareil photo, il est patent que
l'arbre n'est pas du tout penché de la même façon sur les deux images.
Mais il est connu que la photographie conserve les lignes droites
(absence de distorsion géométrique), du moins avec les objectifs
standard à focale fixe comme le Tessar. (Les zooms modernes à grande
variation d'amplitude sont toujours affectés de distorsion géométrique
en tonneau à la courte focale et de distorsion en coussinet à la longue
focale.) Si l'on prolonge l'axe de la bande sombre sous le disque
jusqu'à l'arbre sur chacune des deux photos, on constate que les deux
lignes tombent au même point de l'arbre et se trouvent pratiquement
confondues. Elles représentent apparemment une portion de la
trajectoire de l'objet qui s'effectue en cette région du ciel suivant
l'axe de la bande. Or, selon le témoin, l'objet passait alors plein sud
perpendiculairement à la ligne de visée en décrivant une trajectoire
horizontale rectiligne. La portion de trajectoire apparente que nous
venons de définir peut donc être considérée, si nous prenons au mot le
photographe, comme approximativement parallèle à l'horizon sud. Comme
on le voit, nous construisons notre modèle de trajectoire à partir des
déclarations du témoin, nous réservant de le mettre en contradiction
avec lui-même si le modèle conduit à des incohérences et se voit
infirmé par les mesures faites sur les clichés.
Mesures physiques et géométriques sur les images de l'objet
Sur les vues 3 et 4, la soucoupe est d'une
netteté excellente, elle se découpe comme au couteau sur le ciel, et
l'étalement des bords de son image (visible seulement sur de forts
agrandissements) peut être estimé à 1/100 de mm, ce qui correspond
sensiblement à la limite de résolution du film Panatomic-X pour des
détails contrastés. La mise au point sur l'objet était donc parfaite,
et comme les contours des nuages visibles dans le bas de la vue 3 sont
également nets, on peut en inférer que l'appareil était réglé sur
l'infini. Un test indépendant nous le confinne : sur la vue 4, les
détails de la branche d'arbre au second plan, qui « pointe» vers la
soucoupe, sont sensiblement moins nets que celle-ci; et quant aux
herbes du talus au premier plan, elles sont franchement « adoucies» par
un défaut manifeste de mise au point. On peut croire Frégnale lorsqu'il
nous dit que le diaphragme d'objectif utilisé était de 1 : 5,6. Car,
pour une focale aussi petite que 45 mm, si le diaphragme avait été
nettement plus fenné, tous les détails du paysage eussent été nets.
Ce fait nous pennet d'estimer, par un
calcul élémentaire de profondeur de champ, la distance minimale de
l'objet en deçà de laquelle on commencerait à percevoir une altération
de la netteté de son contour. On trouve une distance d'une soixantaine
de mètres. Comme l'objet sous-tend en moyenne sur le ciel un angle de
l'ordre de 1°, ainsi que nous le verrons plus loin, ceci impliquerait,
dans le cas d'une maquette suspendue, un disque d'au moins un mètre de
diamètre pendu au bout d'un fil (invisible) accroché à une grue d'au
moins 50 m de hauteur (de façon que son bras reste en dehors du champ
des photos). Je laisse au lecteur le soin de juger du réalisme d'une
telle hypothèse. Mais, en fait, l'objet devait être bien plus éloigné
encore que cette distance minimale, si l'on en juge par son contraste
sur le ciel, qui est plus faible sur la vue 4 que sur la vue 2 - indice
de l'interposition d'un léger voile atmosphérique sur la dernière vue.
Or il faisait un beau temps sec, et pour qu'un tel voile soit sensible,
la distance devait être au moins de l'ordre du kilomètre plutôt que
d'une centaine de mètres. L'hypothèse de la maquette se trouve ainsi
définitivement exclue.
Paramètres géométriques de l'objet sur les
quatre clichés. Sur les quatre images, le disque est vu sous la forme
d'une ellipse plus ou moins aplatie dont on peut mesurer (fig. 1) le
grand axe 2a et le petit axe 2b. (L'ellipsité, ou aplatissement, est le
rapport b/a.) Sur les images 2 et 3, qui sont très nettes, on peut
également mesurer l'angle u que fait la bande sombre excentrée avec le
grand axe, et l'angle v que fait le petit côté du rectangle de l'image
24 x 36 avec le grand axe. Si l'on connaît l'inclinaison w de l'horizon
sur ce petit côté du rectangle, on en déduit l'angle w du grand axe,
ainsi que l'angle g de la bande excentrée, avec l'horizon:
w = v + W
g = u - w
Nous aurons besoin de w et de g pour calculer la hauteur angulaire a de l'objet au-dessus de l'horizon, comme nous le montrerons plus loin.
Sur la photo 2, on constate que l'angle u
n'est pas nul, bien que petit. On peut estimer sa valeur à 4° environ,
mais il est impossible de faire la part de w et de g dans cette
inclinaison de la bande excentrée sur le grand axe. La caméra vise
approximativement le sud et non pas l'objet, la trajectoire apparente
est horizontale comme on l'a dit plus haut, mais elle cesserait de
l'être et elle commencerait de s'incliner très légèrement vers le bas à
gauche (comme sur les photos suivantes) si la caméra avait été tournée
vers l'est de façon à amener l'objet exactement au centre du champ, ce
qui aurait permis de mesurer cette inclinaison apparente. Mais cela
n'est pas possible ici.
Des remarques analogues peuvent être faites
à propos de la photo 1 sur laquelle le flou de bougé est tel que les
deux extrémités du grand axe de l'ellipse sont « rognées» sur les
tirages clairs. Mais si l'on fait les mesures sur un tirage sombre
largement posé, qui montre l'étalement dû au flou dans toute son
extension (y compris le liseré brillant à droite qui est énormément
élargi), on peut définir assez bien l'angle u, sa valeur étant comprise
entre -13° et -17° environ.
En ce qui concerne maintenant les mesures
des grands axes et des petits axes, elles peuvent être faites avec une
bonne précision sur les images 3 et 4, mais il faut tenir compte
empiriquement de la légère déformation de l'ellipse par le liseré
brillant qui la borde en haut à droite et dont la lumière empiète sur
son contour par effet de diffusion photographique. En revanche, le flou
de bougé sur les photos 1 et 2 rend la mesure du grand axe difficile
sur la photo 2 et aléatoire sur la photo 1. En dépit de ces
incertitudes, le grand axe sur la photo 1 semble clairement plus petit
que sur la photo 2 (cela apparaît sur les tirages, sombres ou clairs).
Le passage de l'objet à la plus petite distance de l'observateur se
situerait donc entre les positions 1 et 2, et plus près de la position
1 que de la position 2. En revanche, le petit axe, correctement
mesurable sur les deux images, est très légèrement plus grand en 1
qu'en 2, ce qui pourrait signifier simplement que l'ellipse est plus
«ouverte» ou autrement dit que le disque est incliné d'un angle plus
grand vers le témoin.
Les mesures brutes des axes de l'ellipse
(faites sur des agrandissements tous à la même échelle) ont ensuite été
corrigées de la déformation géométrique inhérente à la projection, à
travers un objectif, de l'image d'un objet photographié sur un plan
(celui du film). Si d est la distance angulaire de l'objet au centre du
champ photographié, l'image est étirée transversalement par le facteur
1/cosd et radialement par le facteur 1/cos2d. Cet effet est surtout
sensible avec les objectifs grand-angulaires. Dans le cas présent, d
est seulement de l'ordre de 10° et la déformation est faible, mais elle
n'est cependant pas négligeable.
Pour ce qui est maintenant des inclinaisons
de l'ellipse et de la bande excentrée, elles sont plus difficiles à
mesurer avec précision, en particulier l'angle u sur la photo 4 (en
raison de la faible longueur de la bande sur cette image) et plus
encore sur la photo 2 (en raison du flou de bougé). Les cor- rections
des données brutes sont ici inutiles, compte tenu de l'imprécision des
mesures.
Les valeurs obtenues finalement sont
données dans le tableau ci-dessous. Les longueurs 2a et 2b ont été
ramenées par le calcul à leur valeur sur les négatifs originaux (ce qui
foumit plus de décimales que les mesures n'en donnent réellement).
Elles sont foumies en millimètres. Les angles sont exprimés en degrés.
Les marges d'erreur indiquées correspondent aux erreurs maximales sur
les mesures.
La modélisation
Elle est fondée sur les allégations du
témoin: un disque volant décrivant, à vitesse régulière, d'ouest en
est, une trajectoire horizontale le faisant s'abaisser à l'est sur
l'horizon par un effet de perspective à mesure qu'il s'éloigne. Ce
disque est vu sous la forme d'une ellipse. L'examen des photographies
révèle que cette ellipse s'incline par rapport à la ligne d'horizon
d'un angle w qui croît à mesure que l'objet s'éloigne.
Ce fait peut s'interpréter simplement de la
façon suivante, qui est suggérée par l'absence alléguée de tout
balancement de l'objet: le plan de la face inférieure du disque (celle
qui est visible) est incliné sur le plan horizontal en direction du
nord, d'un angle W autour d'un axe confondu avec la trajectoire.
Lorsque le disque passe plein sud à sa plus petite distance du témoin,
sa face inférieure est tournée vers ce dernier de l'angle W, l'ellipse
apparaît plus « ouverte » que si le disque volait « à plat », mais le
témoin n'a aucun moyen de s'en apercevoir, car elle ne penche ni à
droite ni à gauche. Puis, à mesure que le disque s'éloigne vers l'est
(photos 2 et surtout 3 et 4), sa face inférieure qui reste toujours
tournée de l'angle W vers le nord (c'est-à-dire maintenant vers la
gauche pour l'observateur) apparaît de plus en plus fortement inclinée
sur l'horizontale, l'inclinaison apparente w restant de toute façon
inférieure à W (sauf si le disque était vu à l'infini par sa tranche).
La bande excentrée se trouve, comme on l'a
vu, dans l'alignement de la trajectoire sur les photos 1 et 2, et l'on
admettra qu'elle s'y maintient sur les photos 3 et 4, ce qui est
suggéré par le fait qu'elle s'incline à droite vers le haut à mesure
que l'objet s'incline à gauche vers le bas. L'axe de cette bande, qui
fait un angle g avec l'horizontale sur les photos, fournit donc, dans
cette hypothèse, la direction de la trajectoire apparente sur chaque
image.
Tel est le modèle simple, établi à partir
des dires du témoin, que nous allons tenter de tester numériquement
pour voir s'il est en accord avec les données tirées des mesures faites
sur les clichés. Pour ce faire, nous devons mettre lé modèle sous la
forme d'équations mathématiques.
I. Les équations traduisant le fait que la trajectoire de l'objet est horizontale
1. Relation entre la hauteur angulaire et le diamètre appa- rent de l'objet. On a (fig. 2) :

Or,
le rapport OSi / OS des distances de l'objet au témoin est égal au
rapport inverse aj / ai des dimensions apparentes du grand axe de
l'objet (lequel sous-tend de petits angles, de l'ordre de 1°). On a
donc:

2.
Formule donnant l'azimut et la hauteur angulaire de l'objet en fonction
de sa hauteur angulaire maximale à sa distance la plus proche. L'azimut
b est mesuré à partir de la direction Oso (fig. 3). On a :

3. Formule donnant l'inclinaison g de la
trajectoire apparente sur l'horizon en fonction de la hauteur et de
l'azimut. En tout point S de la trajectoire horizontale réelle (fig.
3), un déplacement infinitésimal SS' = dL de l'objet est vu par
l'observateur situé en 0 comme un déplacement apparent ST = dl pouvant
être décomposé en un déplacement horizontal dx et un déplacement
vertical dy. (Pour des raisons de commodité du dessin, la figure a été
établie en supposant que l'objet remonte sa trajectoire vers la droite
en s'approchant de l'obseIVateur, cela ne change rien au raisonnement.)
L'inclinaison g de la trajectoire apparente sur l'horizontale est
donnée dans tous les cas par la relation:
Différencions cette dernière expression, nous obtenons: 
II. L es équations faisant intervenir l'inclinaison du disque sur l'horizontale
1. Hauteur angulaire du disque en fonction de a, b, w et g.
Si
le disque volait « à plat» (W = 0), le rapport b'/a des axes de
l'ellipse telle qu'elle apparaîtrait à l'observateur serait le cosinus
de l'angle f du plan du disque avec le plan perpendiculaire à la ligne
de visée. Le complément de cet angle fournirait la hauteur angulaire a
de l'objet. Mais le disque ne vole pas « à plat» et nous ne connaissons
pas l'angle W qu'il fait avec l'horizontale. Nous pouvons cependant
calculer b'/a à partir du rapport b/a réellement observé, de la façon
suivante:
Puisque le disque est incliné autour de l'axe AB (fig.
3), l'image « redressée » que l'on verrait s'il volait « à plat » passe
également par A et B. Dans le système d'axes Oxy, le point A est sur la
droite OA, d'équation y = tan (w + g). x. Il est également sur
l'ellipse réellement observée, d'équation (x / a)2 + (y / b)2 = 1. Les
coordonnées XA, YA du point A sont donc données par:

Dans le système d'axes redressés OXY, les coordonnées du point A sont:

Mais
A appartient également à l'ellipse redressée, dont l'équation est (X /
a)2 + (Y / b')2 = 1, puisque a est inchangé. On en déduit :
D'où
la hauteur du disque au-dessus de l'horizon: a = Arc sin (b' / a). On
peut programmer facilement cette suite de calculs : on rentre a, b, w
et g dans la machine, celle-ci calcule d'abord xA et yA, puis XA et YA,
enfin b' / a, puis a. Mais on peut calculer directement l'angle a par
sa tangente, en posant r = b / a (aplatissement de l'ellipse observée).
On trouve alors, à partir des équations précédentes:
2. Formule donnant l'inclinaison W du plan du disque sur le plan horizontal en fonction de w et de b.
Une suite de manipulations algébriques portant sur les équations précédentes fournit la relation :
Le test du modèle
I. Hauteur angulaire du disque sur les quatre photos
Les photos 3 et 4 sont les plus nettes et w
et g peuvent être mesurés sur chacune d'elles, ainsi que a et b, avec
une bonne précision. En reportant dans (4) les valeurs de ces
paramètres fournies dans le tableau, nous obtenons :
(Les marges d'erreur indiquées sont une estimation de l'écart-type ou standard deviation.)
Ces
résultats sont compatibles avec la position présumée de l'horizon sur
les photos 3 et 4. Un premier test est possible, permettant de vérifier
si la trajectoire est bien horizontale entre les positions 3 et 4. A
partir de l'équation (1), nous pouvons calculer alpha4 à partir de
alpha3 (qui est la hauteur angulaire mesurée avec la plus grande
précision relative). On trouve:
L'accord
est excellent, la trajectoire se maintient donc bien horizontale entre
les positions 3 et 4. Ceci nous encourage à calculer alpha2 par la
formule (1). On trouve :
Nous
pouvons vérifier si cette valeur de alpha2 calculée en supposant la
trajectoire horizontale entre les positions 2 et 3, est compatible avec
la valeur de l'angle u sur l'image 2, estimée à 4° environ. On a u = w
+ g, et comme w est toujours plus petit que g, on fera à titre d'essai
l'hypothèse w2 = 1°, g2 = 3°. Calculons a2 à partir de ces valeurs, on
trouve:
La
concordance (trop) excellente ne doit pas tromper. Nous ignorons en
fait les vraies valeurs de w2 et g2 et l'écart-type est d'au-moins 3°
sur a2. On peut seulement dire que l'estimation de la valeur de u faite
sur l'image 2 est compatible avec l'horizontalité de la trajectoire
entre les positions 2 et 3.
Il reste à déterminer l'angle a1. On peut le déduire de la formule(l) comme on l'a fait pour a2 et l'on trouve ainsi:
Cette
valeur est compatible avec l'estimation faite de u1 si l'on prend w1 =
6° et g1 = 10°, auquel cas le calcul qui ramène le disque «à plat»
donne:

II. Valeurs de l'azimut du disque et de l'inclinaison de son plan sur le plan horizontal
Le complément de l'angle a2 calculé plus haut
de deux façons indépendantes est f = 42,95°, c'est l'angle que ferait
le disque avec le plan normal à la ligne de visée si le disque volait «
à plat ». Le rapport r2 = b2 / a2 est 0,82, ce qui correspond à une
inclinaison réelle de 34,9°. La différence entre les deux angles
fournit une estimation de W2, puisque l'objet en position 2 n'est pas
loin de son rapprochement maximum.
On a :
La formule (5) nous donne:

Ce résultat montre que l'objet avait à peine
passé le cap de son plus grand rapprochement lorsqu'il arriva en
position 2, et l'on comprend dès lors pourquoi l'angle du grand axe de
l'ellipse avec la trajectoire (c'est-à-dire l'axe de la bande
excentrée) semble inversé sur l'image 1 prise avant ce passage. A titre
indicatif, l'arc de trajectoire entre les positions 1 et 2 est
mesurable en se repérant sur les détails des branchages, il est de
l'ordre de 12°. Ceci correspond à une variation d'azimut au sol de 12°
/cos a, a étant la hauteur angulaire moyenne de l'objet (47°). On
trouve ainsi une variation d'azimut d'une vingtaine de degrés, ce qui
prouve que l'objet en position 1 se trouvait à environ à 16° d'azimut
ouest. Nous pouvons maintenant calculer la hauteur angulaire a0 de
l'objet à son plus grand rapprochement, ainsi que les azimuts de
l'objet dans les positions 1, 3 et 4, en utilisant la formule (2) :

Cette
valeur de tan a0 va nous permettre de calculer les azimuts b1, b3 et b4
à partir de a1, a3 et a4 en utilisant la formule (2). On a:
La
variation d'azimut est de 66° entre les positions 1 et 4 de l'objet sur
les photos, chiffre à rapprocher de la variation totale d'azimut du
début à la fin des observations, estimée par Frégnale à une centaine de
degrés.
En portant les quatre valeurs successives de b dans la formule (1), nous trouvons:
L'inclinaison
W du disque sur le plan horizontal n'est donc pas restée rigoureusement
constante tout au long de la trajectoire, variant dans une fourchette
de 5 à 12°, ce dont le témoin (qui n'avait noté aucun balancement) n'a
pu évidemment s'apercevoir compte tenu de la faible amplitude du
phénomène.
III. Inclinaison de la trajectoire apparente du disque sur l'horizontale
Les valeurs de l'azimut b que nous venons
d'obtenir vont nous permettre de calculer l'inclinaison g de la
trajectoire apparente de l'objet sur l'horizon, tout au moins dans les
positions 1, 3 et 4, au moyen de la formule (3). (Dans la position 2,
l'inclinaison est pratiquement nulle.) On trouve ainsi respectivement:
g1 = 11° (au lieu des 10° retenus plus haut pour l'inclinaison de la
tache excentrée en position 1), g3 = 26,9° (au lieu des 26° mesurés) et
enfin g4 = 40,1° (au lieu des 41 ° mesurés). Ici encore, l'accord est
excellent entre les résultats du calcul tirés du modèle, et les mesures
sur les photos. L'alignement de la bande excentrée sur la trajectoire
se trouve confirmé, ce qui valide a posteriori la valeur de a0 qui
entre par sa tangente trigonométrique dans le calcul des azimuts.
Conclusion
Ces photographies de la soucoupe volante du
lac Chauvet ont la particularité rarissime de contenir en elles la
preuve de leur authenticité, grâce à la conjonction de plusieurs
facteurs :
l'existence de quatre images prises à la suite au cours du déplacement de l'objet
la
qualité de l'optique de l'appareil photo, la finesse du grain du film
et la présence opportune de détails du paysage au premier et au second
plan, grâce auxquels il est possible de rétablir l'orientation de la
ligne d'horizon (invisible sur les images) et d'affirmer par ailleurs,
grâce à un calcul de profondeur de champ, que le disque photographié
est trop éloigné de l'observateur et de trop grande dimension pour être
une maquette
la présence, sur la face inférieure du disque, d'une
bande sombre allongée dans le sens inverse du déplacement et dont l'axe
semble confondu avec celui de la trajectoire (hypothèse retenue à titre
d'essai)
l'assertion du témoin selon laquelle le disque, dont la
face inférieure était légèrement inclinée vers l' observateur, se
déplaçait horizontalement en ligne droite d'ouest en est.
A partir de ces données, un modèle
géométrique a été élaboré, dans lequel toutes les mesures faites sur
les clichés ont pu s'insérer sans conduire à aucune contradiction
interne. Mais le modèle ne s'est pas seulement trouvé en accord avec
les mesures, il s'est égaIement révélé prédictif et a permis de
calculer les hauteurs angulaires successives du disque, l'angle
d'inclinaison de sa face inférieure vers le nord, la variation de son
azimut au cours du déplacement, etc. Un tel accord entre le modèle et
les mesures ne peut être l'effet du hasard et prouve clairement que le
disque a bien volé dans le ciel selon la trajectoire décrite par le
témoin. L'hypothèse de l'alignement de la bande excentrée sur l'axe de
la trajectoire s'est trouvée confirmée. Cet alignement s'est maintenu
pendant toute la durée de l'observation, ce qui achève définitivement
d'éliminer toute possibilité de truquage au moyen d'une maquette
oscillant au bout d'un filou lancée en l'air.
Il est amusant de constater que Frégnale,
qui ne "croyait" pas aux soucoupes volantes, ne croyait pas non plus à
la possibilité d'établir que ses photos n'avaient pas été truquées:
«Chose impossible à prouver, écrivait-il en 1975, car on peut faire
n'importe quoi en photo. » Un tel jugement s'applique incontestablement
à la photo numérique, mais non à la photo classique (argentique)
lorsque plusieurs facteurs sont réunis comme ici pour éliminer toute
possibilité d'une fabrication, à commencer par cette prise de quatre
clichés successifs avec des détails du paysage dans le champ, ce dont
Frégnale doit être félicité. Mais nous devons remercier aussi - même
s'ils ne nous entendent pas -les concepteurs de l'engin de l'avoir doté
sur sa face inférieure d'une bande sombre toujours orientée dans le
sens du mouvement, et son pilote de lui avoir fait suivre une
trajectoire rectiligne facile à analyser, au lieu d'une trajectoire en
feuille morte ou en zigzag comme c'est si souvent le cas pour les
Ovnis. Une conjonction de circonstances aussi favorables n'est sans
doute pas près de se reproduire en France, surtout si les Ovnis
continuent de s'y montrer moins souvent qu'autrefois en plein jour. Ne
perdons pas de vue toutefois que la situation actuelle peut changer.
Les Ovnis ne nous demandent pas notre avis pour décider ou non
d'arriver par vagues au-dessus de telle ou telle région du globe.
Mais revenons aux photos du lac Chauvet. Si
l'on fait l'hypothèse que le disque visible sur ces photos mesurait une
quinzaine de mètres de diamètre, ce qui était une dimension courante
pour les soucoupes volantes de l'époque d'après les estimations des
témoins, on peut calculer facilement, à partir des données obtenues
plus haut:
- la hauteur de sa trajectoire au-dessus du sol (supposé horizontal) : 590 m;
- la plus petite distance de l'objet à l'observateur : 800m;
- la longueur du segment de trajectoire parcouru en 25 s entre la vue 1 et la vue 4 : 1160 m;
- la vitesse moyenne de l'objet: 170 km/h.
D'autre
part, si l'objet avait les dimensions que nous venons de dire, et même
s'il ne mesurait que 9 ou 10 m de diamètre, sa vitesse excédait
significativement les 60 km/h du vent qui soufflait de l'ouest à basse
altitude. Il était donc nécessairement autopropulsé, et non pas poussé
par le vent comme l'eût été un ballon. Il s'agissait bien d'un engin
volant.
Ceux qui refusent de voir la réalité des Ovnis en face
n'admettront évidemment jamais que cet engin ait pu être une soucoupe
volante de fabrication non terrestre, et ils chercheront n'importe
quelle "explication", aussi invraisemblable soit-elle, pour en rendre
compte. Ainsi, contre tout bon sens, Frégnale lui-même continuait de
proposer en 1975 son hypothèse d'un "phénomène cosmique inconnu", à
moins qu'il ne s'agisse d'une " maquette volante pour s'amuser aux
dépens des badauds" (sic). Et beaucoup plus récemment, un
astrophysicien professeur au Collège de France, à qui j'avais soumis en
1993 mon travail d'analyse des photos du lac Chauvet, m'écrivait avec
la courtoisie dont il ne se départit jamais qu'il appréciait la rigueur
de ce travail, et ajoutait: « Un seul fait avéré suffit à compenser
l'effet pervers de mille malversations. Il reste que l'objet en
question est non identifié, et que la probabilité d'identification la
plus grande pointe vers l'objet de fabrication humaine: engin militaire
ou civil expérimental, donc protégé contre une dissémination de
l'information (brevets, etc.). Et la plus petite probabilité, vers
l'objet extraterrestre.» Oui, vous avez bien lu! Non seulement mon
correspondant laissait entendre que l'immense majorité des photos
d'Ovnis sont des faux, mais il ne craignait pas de suggérer qu'en 1952,
quelques années seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale
d'où la France était sortie exsangue, notre pays (et l'on pourrait en
dire autant des Etats-Unis et de l'URSS à l'époque) aurait été capable
de construire et de faire voler silencieusement en altitude et à faible
vitesse un disque de plusieurs mètres de diamètre, sans ailes
sustentatrices, sans hélice, sans jet de gaz! Un tel engin n'existait
alors nulle part dans l'arsenal militaire des grandes puissances et
encore moins bien sûr dans celui de notre pays. C'est seulement depuis
deux décennies au plus, et en particulier grâce à l'arrivée sur le
marché des puces électroniques, que de petits engins militaires de
reconnaissance très légers et téléguidés, les drones, ont commencé
d'être construits aux États-Unis, puis dans d'autres pays. Il s'agit le
plus souvent de petits avions de formes diverses et non totalement
silencieux. Cependant, selon certaines informations, d'autres drones
(?) de plus grandes dimensions pourraient ressembler à des Ovnis - si
ce n'en sont - et utiliseraient un mode de propulsion non classique
fondé sur des effets physiques à propos desquels nous avons peu de
renseignements, ce qui pose le problème de l'origine d'une telle percée
aussi bien théorique que technologique. Cette question est abordée dans
le chapitre 3. Quoi qu'il en soit, les drones n'existaient pas en
France en 1952, et l'objet photographié par Frégnale au sud du Puy de
Sancy - une classique soucoupe volante comme on en décrivait couramment
depuis 1947 en de nombreux pays - ne pouvait certainement pas être un
engin d'origine terrestre...
http://adelmon.free.fr/Lac_Chauvet_3.html
IV - L'enquête
L'enquête sur les faits, 51 ans après
Les
4 photos du Lac Chauvet semblent être, après l'analyse détaillée qu'en
a fait Pierre Guérin, "LA" preuve que tout le monde attendait.

Mais
pourtant, aussi authentiques et "riches" qu'elles soient, elles
laissent encore dans l'ombre certains aspects importants :
l'observation elle-même, la façon dont elle a été rapportée à l'époque,
la personnalité du seul témoin de la chose, comment a t-elle été reçue
à l'époque par le grand public et par les autorités, etc.
Il me
semblait important d'essayer de récupérer un maximum de témoignages
avant que les souvenirs ne s'effacent ou que les gens ne décèdent
(c'était il y a 51 ans !).
Enfin, il me semblait vital de récupérer le
négatif de ces photos, que Pierre Guérin avait poliment, mais bien
imprudemment, rendu à la personne qui le lui avait prêté, après les
avoir analysées.
J'ai commencé à entreprendre ces recherches en mai 2003, à temps perdu. Et ce fut très difficile.
J'ai
suivi trois pistes : les proches ou la famille du témoin (Frégnale), la
presse régionale et locale de l'époque, et les proches ou la famille de
Pierre Guérin. Des premiers j'espérais des renseignements sur André
Frégnale (était-il homme à monter un canular de cette ampleur ?), mais
surtout de récupérer les négatifs originaux. Des seconds j'espérais un
éclairage sur l'affaire (avait-elle fait grand bruit, comment
était-elle parvenue à l'attention d'Aimé Michel en 1954, pourquoi
a-t-elle été oubliée depuis, les autorités militaires ou scientifiques
s'y sont-elles intéressées ?). Des troisièmes j'espérais récupérer des
notes inédites, les originaux des tirages positifs mentionnés par P.
Guérin dans son livre, ou tout autre information.
Où sont les négatifs originaux ?
Le seul témoin, André Frégnale est mort il
y a environ 20 ans, à l'âge d'environ 60 ans. Sa soeur, Jeanne
Henriette, est morte le 15 septembre 2000 à Goudargues (Gard).
Une première recherche sur l'état civil des
Frégnale pour retrouver des parents proches encore vivants ne donne
hélas rien. Il n'y a eu que deux "Frégnale" nés dans tout ce siècle, et
ce patronyme s'est donc éteint avec André et Jeanne. De même, une
recherche du côté de la mère d'André et Jeanne, du nom de Marie
Chauchat, ne donne rien non plus. Ce patronyme, également originaire
d'Auvergne, est au contraire très courant et il fut impossible de
retrouver trace de la branche particulière à laquelle appartenait Marie
Chauchat.
La bonne piste fut en fait celle du Gard, où André et Jeanne Frégnale sont allés vivre dans les années soixante. Je retrouvai la trace du logeur de Melle Frégnale, qui me donna les coordonnées de M. Robert B. et sa femme, qui s'étaient occupés de Melle Frégnale jusqu'à son décès. Ils me donnèrent à leur tour les coordonnées de sa meilleure amie, Mme Jeanne D., institutrice comme elle, désormais à la retraite, et vivant toujours dans le Puy-de-Dome.
Par chance, cette dame vit encore, et c'est
d'elle que je tiens à ce jour le plus d'informations sur André
Frégnale, sa soeur, et l'observation qu'il fit ce fameux 18 juillet
1952.
Concernant les négatifs originaux, il est hélas désormais certain qu'ils sont perdus à jamais. Le grenier de la maison de St Michel d'Euzet (Gard) où ils étaient entreposés, a été entièrement vidé quelques années plus tard par un déménageur. Melle Frégnale n'avait plus avec elle à sa mort que quelques rares effets personnels, dont effectivement de nombreuses photos prises par son frère, mais aucune trace du négatif ou de clichés de la "soucoupe" de 1952.
Sur ce point, Jeanne D. et Robert B. sont
formels : si le premier se souvient nettement avoir vu des tirages
papier de la "soucoupe" de 1952, aucun des deux n'a jamais vu les
négatifs.
Melle Frégnale ne semblait pas leur
accorder grande importance sur la fin de sa vie, bien moins en tous cas
que des tas de photos plus personnelles de son frère, ce qui parait
logique et humain. M
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