Les martiens d'Orson Welles le 30 octobre 1938
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    Les martiens d'Orson Welles le 30 octobre 1938

    Recommander ce site :: Imprimer cette page:: Par ovni :: 18/10/2008 à 22:46

    Les martiens d'Orson Welles le 30 octobre 1938

     

     

    Orson Welles a été réalisateur, acteur, producteur et scénariste américain. Né le 6 mai 1915 à Kenosha dans le Wisconsin (États-Unis), il est mort le 10 octobre 1985 à Hollywood, Los Angeles en Californie (États-Unis) d'une crise cardiaque. Conformément à sa dernière volonté, ses cendres furent dispersées au-dessus de l'Espagne.

    Il a été parfois crédité sous les noms de O.W. Jeeves ou G.O. Spelvin.

     

     

    Orson Welles a laissé des traces dans la mémoire des cinéphiles à plus d'un titre. Par exemple, il est important de noter que son film Citizen Kane est régulièrement cité sur les listes des cinq plus grands films de l'histoire du cinéma alors qu'il s'agissait pratiquement d'un film de débutant dans ce domaine.


    Biographie 

     

     

    Un avenir prometteur et chaotique 


    Venu d'une formation d'acteur de théâtre à la Todd School de Woodstock dans l'Illinois, on le retrouve à la direction de films qui sont en fait des adaptations de pièces au cinéma. En particulier, on notera Macbeth, Othello et Falstaff (Chimes at Midnight) où il s'attaque à Shakespeare. Mais l'acteur Welles a aussi produit des pièces à la radio avec sa troupe Mercury Theatre.

     

    Welles perd ses parents alors qu'il est encore adolescent. Il est pris en charge par un ami de ses parents qui va s'occuper de son éducation. Enfant-prodige, et sans doute conscient de l'être, Welles gagne à quinze ans un prix récompensant sa mise en scène de Jules César de Shakespeare. Il part pour Dublin, âgé de seize ans et se fait passer pour une vedette du théâtre de New-York. Le directeur du théâtre où Welles se présente est berné car Welles s'est habilement grimé, et sa voix chaude et grave le fait passer pour plus âgé qu'il ne l'est vraiment. Le jeune homme possède immense une culture littéraire et théâtrale, et a déjà une solide maîtrise des artefacts de la scène. Il démontre également des aptitudes pour le dessin, la peinture et la prestidigitation.

     

    Après cette expérience formatrice, il retourne aux Etats-Unis et fonde le Mercury Theatre, spécialisé dans Shakespeare. Il réalise des adaptations radiophoniques des pièces du dramaturge anglais, ainsi que de nombreux romans, dont La Splendeur des Amberson, qui sera son deuxième long-métrage. Il fait sensation en montant sur les planches une adaptation très originale du Macbeth de Shakespeare, car il transpose l'histoire de l'Ecosse, brumeuse et froide, à Tahiti, avec des acteurs noirs. Le lundi 30 octobre1938, il effraye une bonne partie de l'Amérique en faisant croire à l'invasion des martiens. La cote du surdoué monte en flèche, et Hollywood lui fait les yeux doux.

     

    C'est à la RKO que Welles va travailler. Le studio lui donne une entière liberté artistique: il est réalisateur, acteur, scénariste de son propre film. Jamais personne n'a eu une si grande liberté pour un premier film. Quelques années plus tard, Welles se rendra compte que ce cadeau inespéré était empoisonné. Il travaille d'abord à l'adaptation d'un roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (qui plus tard est transposé par Francis Ford Coppola dans Apocalypse Now). Le projet n'aboutit pas. Welles, avec Herman Mankiewicz, le frère du cinéaste Joseph Mankiewicz, rédige le scénario de Citizen Kane, à partir de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst. Toute la troupe du Mercury est présente. Le cinéaste a obtenu le contrôle total et désire garder le secret sur le sujet de son flm, mais les producteurs tentent de s'en mêler.

     

    Ils débarquent à l'improviste sur le plateau, et découvrent techniciens et acteurs en train de jouer au base-ball sur ordre du réalisateur. Pendant la période de post-production, Orson Welles participe à de nombreuses manifestations promotionnelles où on ne lui parle que du parallèle entre le personnage de Charles Foster Kane et William Randolph Hearst. Lassé, Welles déclare que si on continue à lui échauffer les oreilles, son prochain film sera une biographie de William Randolph Hearst. Malgré une énorme campagne de dénigrements orchestrée par Hearst, le film est sort en salles. Le succès critique est unanime: le film de Welles est une révolution dans la technique cinématographique, de la structure du récit, du montage, des décors, des maquillages, des mouvements de caméra et de l'impact des images. Mais le public ne suit pas.

     

    Pour son deuxième film,La Splendeur des Amberson, le studio reconsidère son contrat, et réduit sa marge de manoeuvre. Une fois encore, le génie du cinéaste inonde le film, mais le public n'est toujours pas là. Il part au Brésil, préparer un reportage sur le festival de Rio. Sur place, il se passionne pour le récit de quatre marins et commence à tourner les séquences de ce qui devait être It's all true, mais qu'il n'a jamais pu terminé, pour de nombreuses raisons, notamment financières. Dans les mois qui suivirent, on a raconté que le film ne sortirait jamais car les rushs reposaient au fond de la mer. Pendant ce temps, les pontes de la RKO, mécontents des pré-projections, obligent Robert Wise, le monteur des deux premiers films d'Orson Welles, à remonter le film pendant l'absence du cinéaste. Plus de vingt minutes sont retirées malgré l'insistance de tous les acteurs qui demandent aux producteurs d'attendre le retour de Welles pour prendre une décision concernant l'avenir du film. Même si Welles reconnait que dans cette situation, Wise est pris entre le marteau et l'enclume, il ne lui pardonnera jamais.

     

    Après deux échecs commerciaux consécutifs, Welles devient suspect aux yeux des studios. En délicatesse financière, il joue dans de nombreux films pour financer ses projets. Sur le plan personnel, il épouse la star Rita Hayworth le 7 septembre 1943. La chance lui sourit avec Le criminel. Les producteurs du film proposent à Welles de réaliser le film, à condition de prendre le scénario de John Huston tel quel. Il accepte et parvient aisément à mener la mise en scène à bien avec dix jours d'avance sur la date prévue. La même année, Charlie Chaplin sort Monsieur Verdoux, d'après une idée d'Orson Welles, ainsi qu'en fait mention le générique du film. Welles avait proposé à Chaplin de jouer le rôle principal dans un film inspiré de l'affaire Landru. Après lecture du scénario, Chaplin le réécrit selon ses besoins, y incluant notamment une critique socio-économique, et pour dédommager Welles, il lui propose 5000 dollars ainsi que sa présence au générique.

     

    En 1948, un petit studio indépendant, spécialisé dans le western, accepte de financer son prochain film, Macbeth, dont il dissimule la pauvreté des décors par un brouillard artificiel. Le résultat est saisissant d'étrangeté et de mystère, restituant très bien l'atmosphère de la pièce de Shakespeare. Nouveau coup de maître: il tourne son film en seulement vingt et un jours. La même année, il réalise La Dame de Shanghaï, grâce à la présence de Rita Hayworth, avec qui il est en instance de divorce.

     

    Le public crie au scandale en voyant la rousse Rita en blonde platine, cynique et froide, symbole du glamour hollywoodien, et boude le film qui n'emballe pas non plus la Columbia, qui préfère attendre la sortie de son autre film avec Hayworth, Gilda, pour sortir le film de Welles. Ce quatrième film de celui qui est maintenant l'enfant terrible d'Hollywood s'achève sur la séquence du palais des glaces, où les trois protagonistes s'entretuent. Woody Allen y rendra hommage dans Meurtre mystérieux à Manhattan, en mettant en scène le règlement de compte final dans une pièce remplie de miroirs.


    La carrière européenne 

     


    En disgrâce avec les producteurs américains, Welles va jouer de nombreux rôles pour financer son nouveau projet: Othello. Il va mettre quatre ans à tourner le film, utilisant de nombreux décors (Venise, Rome, ainsi que de nombreux lieux d'Italie et du Maroc) sans que cela soit visible ou handicapant, interrompant son film par manque de financement pour le reprendre quelques mois plus tard. Une fois encore, la réussite artistique est totale, le film recevant même une récompense à Cannes. Trois ans plus tard, il réalise Monsieur Arkadin-Dossier secret, dans la lignée de Citizen Kane, pour des résultats artistiques et commerciaux très similaires. Il joue dans plusieurs films, notamment en France où il est très admiré: Paris brûle-t-il? de René Clément, Si Versailles m'était conté et Napoléon de Sacha Guitry avec qui, il s'entend à merveille. Les deux hommes ont de nombreux points communs: hommes de théâtre et de radio, réalisateurs et acteurs, scénaristes de leurs propres films, le même humour noir et caustique.

     

    En 1958, il se voit confié la réalisation de La Soif du mal. Dans ses entretiens avec son ami Peter Bogdanovich, Welles explique comment Charlton Heston, grande star des années 50, a joué un rôle déterminant pour lui. Intéressé par le projet, Heston rencontre les producteurs de Universal qui lui déclarent que la distribution comprendra Janet Leigh dans le rôle de sa femme, et Orson Welles dans le rôle du commissaire. Heston croit que Welles va être le réalisateur du film et déclare: "Si Welles est le réalisateur, je suis d'accord". La machine est en marche, et les producteurs qui visionnent tous les soirs, les rushes sont emballés au point de proposer à Welles de signer un contrat de quatre films pour les cinq ans à venir. Hélas pour lui, une fois le film monté, le studio change radicalement de position. Toujours dans le livre de Bogdanovich, Welles déclare:"l'humour que j'ai mis dans le film était inhabituel pour l'époque. Aujourd'hui, il s'est banalisé. Mais à l'époque, il a déplu aux pontes de Universal". Son seul tort serait d'être trop en avance sur son temps. C'est son dernier film hollywoodien.

     

    Il commence à tourner, en 1959, les premières images de Don Quichotte, film qui ne verra jamais le jour de la main de son auteur. Il va tourner pendant sept ans, interrompant volontairement le film, le plus souvent pour des raisons budgétaires. Il sera monté en 1994, suivant les notes laissés par Welles. En 1963, il signe Le Procès d'après Kafka. Film baroque et déstabilisant, avec une distribution éclectique, qui s'achève sur le champignon atomique. Trois ans plus tard, il met en scène Falstaff, qui est une refonte de plusieurs tragédies de Shakespeare. Welles incarne John Falstaff, et sa passion dévorante pour le dramaturge anglais irradie le film. Son film suivant, F for fake est très déroutant. Il s'agit plus d'un documentaire que d'un film, qui est une réflexion sur le cinéma, art de l'illusion, ainsi que sur les différentes techniques à mettre en oeuvre. Son tout dernier travail, Filming Othello, plus une réflexion qu'un film, est réalisé pour la télévision, mais bénéficie d'une distribution en salles. Fait rare mais dû à la personnalité et au prestige de son auteur. En 1982, il est le président de la cérémonie des César.


    L'artiste 


    Acteur shakespearien génial et inspiré, scénariste incisif, Orson Welles a su poser sur le monde du spectacle et de la communication un regard lucide et visionnaire. Son analyse du pouvoir des médias, dans Citizen Kane, n'a pas pris une ride. Et les dangers liés aux progrès de la science, cristalisés dans l'accident de George Amberson, dans son deuxième film, sont toujours d'actualités. Mais l'homme est avant tout un féru de littérature, de musique, de peinture et de théâtre. En 1958, venu présenter La Soif du mal en France, Orson Welles rencontre André Bazin, journaliste et fondateur des Cahiers du cinéma, à qui il accorde un long entretien qui est repris dans le livre que le critique consacre à Welles. Il avoue son admiration sans bornes pour Raimu qu'il tient pour le plus grand acteur du monde, surtout La femme du boulanger.

     

    Il parle des cinéastes qu'il admire: Marcel Pagnol, John Ford dont il a vu La Chevauchée fantastique une quarantaine de fois avant de réaliser son premier film, Vittorio de Sica, Kenji Mizoguchi, Sergueï Eisenstein, Charlie Chaplin, René Clair et D.W. Griffith. Mais il n'est pas tendre avec certains de ses pairs. Toujours dans l'entretien avec Bazin, il descend Roberto Rossellini, Nicholas Ray et Vincente Minnelli. Seul Stanley Kubrick trouve grâce à ses yeux. Du reste, il est possible de considérer Kubrick comme le meilleur disciple de Welles tant les deux artistes ont en commun.

     

    Sa carrière n'a pas été un long fleuve tranquille. Il a été obligé de batailler ferme pour mener à bien tous ses projets, qu'il s'agisse de théâtre ou de cinéma. Après 1946 et l'échec commercial cuisant du Tour du monde en quatre-vingts jours de Cole Porter, au théâtre, il a eu des ennuis avec le fisc. Mais il a également connu des moments heureux. Il a pu monter quelques pièces de Shakespeare en Angleterre. Visionnaire et audacieux, il a monté, à New-York, Macbeth et a transposé l'histoire de l'Ecosse brumeuse aux îles de Tahiti, en faisant jouer des acteurs noirs. Sa passion pour le grand dramaturge anglais ne s'arrêtera pas au théâtre et au cinéma: il réalise plusieurs adaptations radiophoniques qu'il sortira par la suite en disque.

     

    Il a collaboré avec le groupe de Heavy-Metal Manowar en prêtant sa voix sur des narrations sur les titres "Dark Avenger" et "Defender".


    Shakespeare 

     


    Orson Welles idolâtrait le dramaturge anglais plus que n'importe qui. Dans les multiples entretiens qu'il accordait, il ne cessait de répéter que Shakespeare était le plus grand poète de tous les temps. Le choc, dans le plus beau et le plus noble sens du terme, entre les deux artistes ne pouvait déboucher que sur des chefs-d'oeuvres. Avant même de faire du cinéma, Welles maîtrisait parfaitement le théâtre de Shakespeare: Richard III, monstre du théâtre du dramaturge anglais, était à son répertoire. En 1939, il produit Les cinq rois, où il refont plusieurs pièces, et le fait jouer par le Mercury Theatre.

     

     La consécration eu lieu dans les années 50, quelques temps après avoir terminé son adaptation de Othello. Grâce à l'aide de l'acteur Laurence Olivier, il put monter la pièce sur la scène du Saint James Theatre, soit le temple du théâtre élizabéthain. Le triomphe fut total. En 1956, à New-York, il a mis en scène Le roi Lear, au théâtre City Center, toujours avec le même succès.

     

    Au cinéma, l'influence de Shakespeare se manifeste dès Citizen Kane : un roi de la presse, qui cherche à étendre son empire, doit essuyer plusieurs échecs sentimentaux, relationnels et professionnels qui le conduiront à la solitude et à la mort. Nous retrouvons dans ce premier film de nombreuses thématiques shakespeariennes: un roi solitaire, tentant en vain de concilier ambition, pouvoir et vie de famille, et devant faire face à la trahison. Celles de ses amis, mais aussi la sienne car Charles Kane trahit sa profession de foi. Ce thème de la trahison, et de l'échec qui s'ensuit, va se retrouver tout au long de son oeuvre, mais également de sa vie professionnelle. Il suffit de penser à It's all true et Don Quichotte : trahie par ses échecs commerciaux, le cinéaste a de nombreuses difficultés pour mener à bien ses projets.

     

    Les adaptations qu'Orson Welles réalise sont chacune différentes mais également fascinantes. Macbeth est composé majoritairement de plans séquences très longs. Le seul couronnement du roi dure près de dix minutes. Le cinéaste plonge le film dans des brumes, rappelant celles d'Ecosse, afin de cacher la pauvreté des décors. A l'inverse, Othello est composé d'environ deux mille plans. Véritable prouesse technique de Welles qui interrompt son film pour le reprendre quelques mois plus tard, une fois les finances arrivées. C'est également le film où le thème de la trahison est sublimé: Othello est berné par Iago qu'il croit être son ami, alors qu'en fait ce dernier ne sert que ses ambitions. Sa dernière adaptation est également grandiose puisqu'il s'agit de Falstaff, où il refont plusieurs pièces du dramaturge et fait de John Falstaff, personnage secondaire, presque un faire-valoir chez Shakespeare, un personnage de premier plan. La séquence de bataille est admirable, et le pachyderme Welles, très loin du jeune premier de Citizen Kane, incarne le bouffon mais sincère Falstaff, renié par son ami devenu roi.


    L'annonce du 30 octobre 1938 

     


    Il a probablement créé ainsi l'émission la plus célèbre de toute l'histoire de la radio le lundi 30 octobre 1938. Ce jour-là, sur CBS, l'émission Mercury Theatre on the air (Le Théâtre Mercury sur les ondes) présente une adaptation de La Guerre des mondes de HG Wells dans laquelle un faux présentateur de CBS annonce l'arrivée belliqueuse des Martiens sur Terre.

     

    Il faut savoir qu'en 1938, la radio est un objet nouveau et c'est pour cela que de nombreux auditeurs l'écoutent. Ainsi il arrive à faire croire à près d'un million d'entre eux (sur les 6 millions qui écoutaient l'émission) que les Etats-Unis sont bel et bien attaqués par des extraterrestres venus de Mars et qu'il faut impérativement fuir. C'est ainsi le chaos dans tout New-York et même les troupes américaines, massées dans le port mais en permission, sont rappelées dans le but de défendre la patrie. La radio est submergée d'appels de gens prétendant avoir aperçu des OVNI...un réservoir d'eau sera pris pour un engin extra-terrestre et criblé de balles par des citoyens. En fait, la panique n'a eu lieu que le lendemain, dans la presse.

     

    Nous sommes le 30 octobre 1938, à la veille d'Halloween. Ce dimanche après-midi, Orson Welles rencontre l'équipe de CBS, pour finaliser le contenu d'une émission hebdomadaire intitulée Mercury theather on the Air. Halloween oblige, l'émission devra avoir quelque chose d'effrayant. Plutôt que d'évoquer de traditionnels revenants à la tête de citrouille, Welles décide de donner vie à des entités tout aussi terrifiantes, mais bien plus originales : il va réaliser une courte adaptation radiophonique du roman de Herbert Wells, la Guerre des Mondes.

    Quand l'émission débute à 8 heures du soir, les auditeurs savent à quoi s'en tenir. L'ouverture indique clairement qu'il va s'agir d'une fiction dramatique. Reste que les gens branchés sur CBS sont encore peu nombreux. Une radio concurrente, NBC, diffuse au même moment une émission plus populaire que celle de CBS. Le programme de NBC débute avec une forte audience, jusqu'au moment ou le présentateur donne l'antenne à un musicien peu connu. De nombreux auditeurs changent alors de fréquence et rattrapent en cours de route l'émission de CBS. En peu de temps, l'audience de la radio double. Lorsqu'ils arrivent sur CBS, les retardataires tombent sur un show entrecoupé de plus en plus régulièrement de bulletins d'informations faisant étant d'un phénomène inquiétant.

     

    L'émission a effectivement débuté comme un programme musical, les auditeurs étant invités à écouter Ramón Raquello et son orchestre, qui se produisent au moment même à l'hôtel Park Plaza, en plein centre de New York. Les notes de Tango sont cependant bientôt interrompues pour laisser place à un bulletin d'information émis par l'Intercontinental Radio News. A 19h40, le professeur Farrell de l'observatoire du Mont Jennings à Chicago aurait aperçu plusieurs explosions à la surface de Mars, une observation aussitôt confirmée par l'illustre professeur Pierson de l'observatoire de Princeton.

     

     

    Orson Welles

     

    Les auditeurs sont à nouveau conviés à faire quelques pas de tango, mais leur répit est de courte durée. Jugeant l'événement important, CBS a estimé nécessaire d'interviewer le professeur Pierson par l'intermédiaire d'un journaliste, Carl Phillips. Sur les ondes, l'astronome se veut rassurant. S'il se montre incapable de fournir une explication pour l'explosion ayant eu lieu à la surface de Mars, Pierson estime que Mars ne présente pas de dangers, la planète étant en toute logique inhabitée (Welles et son équipe commettent d'ailleurs une erreur à ce moment là : Pierson indique que la planète Mars est très proche de la Terre, en opposition, alors que ce n'était absolument pas le cas en octobre 1938). Au beau milieu de l'interview, Pierson reçoit un télégramme annonçant qu'un tremblement de terre, vraisemblablement dû à l'impact d'un météore, vient d'avoir lieu à proximité de Princeton, près d'une ferme située à Grovers Mill dans le New Jersey.

     

    Stupéfaits, les auditeurs apprennent alors par le biais du journaliste Carl Phillips, envoyé sur place, que la violente déflagration était due non pas à la chute d'une météorite comme on l'avait alors supposé, mais à l'atterrissage d'un étrange vaisseau de métal. Tandis que les badauds se pressent autour de l'engin, ce dernier, après avoir laissé entendre un étrange bourdonnement, se dévisse soudain par le haut. Des tentacules menaçantes se hissent bientôt à travers l'ouverture. Peu après, dans l'incrédulité générale, le martien mitraille la foule avec un rayon ardent, transformant son site d'atterrissage en brasier. Aucun doute n'est plus possible quant aux intentions de ces visiteurs venus de l'espace, qui atterrissent maintenant les uns après les autres. Après avoir semé la terreur à Grovers Hills en détruisant tout sur leur passage, des tripodes martiens, sortes de tanks montés sur trois pattes, mettent le cap sur New York. L'artillerie et l'avion, malgré des efforts acharnés, ne parviennent pas à stopper leur inexorable progression ...

     

     

    Paniqués, des milliers d'auditeurs abandonnent leur maison et se lancent sur les routes pour tenter de fuir les martiens et leur folie meurtrière. Quand Welles annoncent que les martiens commencent à succomber les uns après les autres d'un mal terrestre contre lequel ils n'ont développé aucune résistance, il n'y a plus grand monde pour l'écouter. Sur les six millions d'auditeurs que comptait l'émission, un million croira à une invasion martienne. Certaines anecdotes donnent une idée de l'ampleur de la psychose crée par l'émission de Welles : des gens armés d'un fusil ont par exemple vidé leur tromblon sur des châteaux d'eau, croyant qu'il s'agissait de tripodes géants !

     

    Orson Welles termine son émission en souhaitant un joyeux halloween à ses auditeurs, sans se douter un instant de ce qu'il a déclenché. Durant toute la nuit, CBS diffusera des démentis. Le lendemain matin, au cours d'une conférence de presse, Welles insistera sur le fait qu'il n'avait jamais eu l'intention de créer une telle panique. Des rappels de la nature fictive de l'émission avaient d'ailleurs été diffusés avant, pendant et après la prestation de Welles (certaines personnes croiront d'ailleurs que les flashs indiquant la véritable nature de l'émission émanaient d'un gouvernement désireux d'étouffer l'affaire !).

     

    S'il parait aujourd'hui difficile de croire qu'une simple émission radio puisse générer pareil affolement, il faut replacer les choses dans leur contexte. En 1938, la planète rouge était un monde entrelacé de canaux géants vraisemblablement creusés par des intelligences supérieures. Dans l'esprit du public, une invasion martienne appartenait donc au domaine du plausible, d'autant plus qu'une terrible menace, bien réelle cette fois, se profilait à l'horizon. Un an environ après l'émission de Welles, les allemands envahissaient effectivement la Pologne ...

     

     

    Welles et son équipe avaient également apporté un soin tout particulier au réalisme. Welles s'était par exemple inspiré des flashs d'information diffusés en 1937 lors de la destruction spectaculaire du zeppelin Hindenburg au-dessus de la base aérienne de Lakehurst le 6 mai 1937, catastrophe qui avait d'ailleurs eu lieu dans le ... New Jersey ! L'émission comportait des interviews de différentes personnes, depuis le témoignage d'un fermier ayant aperçu le premier engin, jusqu'aux avis d'illustres scientifiques en passant par des militaires faisant le point sur les attaques en cours. Certains intervenants, comme le professeur Pierson, affichaient d'ailleurs une bonne dose de scepticisme, ce qui rendait l'ensemble d'autant plus crédible. Si les bulletins d'informations paraissaient plus vrais que nature, la deuxième partie de l'émission, un long monologue du professeur Pierson, racontant sa fuite de Grovers Hills jusqu'à la déconfiture inattendue des martiens à New York, était déjà plus proche du récit que d'une couverture journalistique, et aurait du mettre la pouce à l'oreille des auditeurs ayant manqué le début ou le rappel en milieu d'émission. Malheureusement, de nombreuses personnes avaient vraisemblablement déjà quitté leur poste de radio à ce moment là. Welles a donc bâti son émission en s'appuyant sur les croyances et les peurs de l'époque. Son génie, et le vernis de véracité dont étaient recouverts les bulletins d'information fictifs ont fait le reste ...

     

    Aujourd'hui, il semble impossible qu'un canular puisse déclencher une hystérie collective comparable à celle de 1938. D'abord parce que la radio est désormais un média de second plan, loin derrière la télévision ou Internet. Un flash diffusé par ce moyen serait aussitôt démenti par les autres médias. Ensuite, la popularisation de la science-fiction et les effets spéciaux du cinéma ont placé la barre très haut. Les moyens à mettre aujourd'hui en oeuvre pour rendre crédible une invasion extraterrestre semblent donc dissuasifs. Grâce aux missions spatiales, nos connaissances sur la planète rouge ont également fait un bond de géant, et le public, qui peut découvrir chaque jour sur Internet de nouvelles images de Mars, serait beaucoup plus difficile à convaincre. Celui-ci a parallèlement développé une certaine méfiance vis à vis des médias, et les déclarations officielles n'auraient plus valeurs d'autorité comme au temps de Welles.

     

    Enfin, comme si cela ne suffisait pas, les plaisantins qui voudraient reproduire l'exploit de Welles prendraient le risque, comme CBS, de s'exposer à de coûteux procès.

     

    Peut-être jaloux du génie de Welles, certains mettent aujourd'hui en doute l'hystérie de masse déclenchée par son adaptation radiophonique de la Guerre des Mondes. Dans un article paru en octobre 2003 dans le Toronto Star, un journaliste a estimé que le véritable canular n'était pas l'arrivée des martiens, mais bien le fait que l'on ait cru qu'un million de personnes avaient paniqué. Il est donc possible que les conséquences de l'émission de Welles aient été exagérées, et que l'exode n'ait pas été massif. En lieu et place des milliers de personnes qui se seraient pressées sur les routes pour échapper aux martiens, seuls quelques-unes seraient véritablement sorties de chez elles ...

     

     

    http://www.nirgal.net/folklore.html

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Orson_Welles

    http://analysefilmique.free.fr/filmo/w/welles.php

    http://www.sciencenetwork.com/2006/portfolio/war.cfm

     

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